Iaidō

Le Iaidō ou l’art de trancher l’ego.

Cet art se focalise sur l’acte de dégainer le sabre et de trancher en un seul mouvement.

Retrouvez les informations sur le koryu : Muso Shinden Ryu ainsi que l’histoire de la création du Zen Ken Ren. De plus, une rubrique regroupant tous les Katas du Zen Ken Ren est mise à votre disposition (résumé, mise en situation, exécution).

Signification :

Le mot Iaidō (居合道) est composé de :

  • 居 ou le I de iru, être
  • 合 ou Ai, l’harmonie
  • 道 ou dō, la « voie »

Iaidō peut donc se traduire par la voie de la vie en harmonie, ou exister en union avec la voie.

Le but technique du Iaidō est la maîtrise parfaite du sabre japonais. À travers la pratique se dégage sa philosophie réelle  : la recherche de l’équilibre, de la plénitude et de la maîtrise de soi dans un esprit de paix. La finalité n’est donc pas de contrôler ou de couper un ennemi, mais plutôt de maîtriser son propre ego. C’est un budō qui accorde une place importante à la spiritualité et au travail intérieur.

L’essentiel de la pratique du Iaidō consiste en l’apprentissage et l’exécution de Kata, séquences de mouvements précis, s’exécutant la plupart du temps seul et correspondant à un scénario, en recherchant la perfection dans le geste. Un Kata exécuté correctement est dépourvu de gestes superflu, clair, fluide, sans la moindre confusion. Cette remarquable sobriété donne à l’art son esthétique. Les Kata sont des combats réglés qui paraissent très éloignés d’une réalité imprévisible, voir aléatoire.

Les Kata démarrent soit debout (Tachi iai), soit à genoux au sol (Seiza), soit dans une position avec un seul genou au sol (Tate hiza).

« Ce que tu fais, fais-le suprêmement. » Fernando Pesoa

Les origines du Iaidō :

Le Iaidō pratiqué aujourd’hui est donc le résultat direct d’un travail de transmission effectué à la fin du XIXe siècle, mais la discipline elle-même, et les centaines d’écoles de sabre qui en ont découlées, s’est mise en place au milieu du XVIe siècle sous 3 influences distinctes :

  • L’arrivée à maturité du sabre à la fois d’un point de vue technologique et de son usage ;
  • L’influence du bouddhisme zen sur la société japonaise ;
  • Le changement opéré par la paix des Tokugawa sous l’ère Edo sur la société japonaise, et plus précisément son élite samouraï.

Le sabre comme voie spirituelle :

Au XVIIe, Hayashizaki n’est pas le premier à proposer une école de sabre mêlant valeur bouddhiste et efficacité guerrière. Plusieurs moines avant lui, notamment au XVe et au XVIe, avaient fondé des styles sur les mêmes bases. Est-ce l’efficacité particulière des techniques mise en avant par Hayashizaki ou une société samouraï plus réceptive qui explique son succès ?

Probablement un peu des deux : Hayashizaki développe son style dans les premières années du shôgunat des Tokugawa, époque où ce type d’enseignement est susceptible de trouver une large audience. Par ailleurs certains de ces kata sont réputés avoir été transmis au fil des siècles, signe qu’ils devaient avoir quelques mérites pratiques.

A partir de Hayashizaki, les écoles se multiplient dont certaines subsistent jusqu’à nos jours. Au sein de celles-ci, l’élément central de ce qui deviendra le Iaido moderne, l’utilisation d’une arme qui a pour finalité un travail intérieur, restera l’élément original qui lui seul explique la possibilité d’une transmission de techniques sur une aussi longue durée et la pertinence de la discipline jusqu’à nos jours.

L’ennemi « objectif », menace externe, est en réalité accessoire, le vrai but et obstacle est d’abord soi-même.

Source : BudoXI

La compétition :

Lors des compétitions, les pratiquants classés par grade, sont jugés tant sur l’exécution correcte des katas imposés que sur leur énergie et leur combativité. Deux compétiteurs sont côte-à-côte, chacun dans son aire de combat (une rouge, une blanche). Ils doivent exécuter à l’intérieur de celles-ci et dans un temps imparti, une série de kata indiqués au préalable sur une liste (3 en poule, 5 en phases finales).

Les 3 juges (un central et deux latéraux) évaluent l’exécution des kata ainsi que l’étiquette et votent pour celui qui aura fait le moins de fautes techniques et donné le plus de vie.

Lire l’article sur la compétition de Iaidō Championnat de France 2017

Les bienfaits de la compétition (Extrait article de Manuel Vialle Mushin No Shin)

La compétition est vue par beaucoup trop souvent comme un moyen, un moment de domination physique et mental d’un parti sur un autre. Tout doit être mis en place pour ne laisser aucune chance à son adversaire en l’empêchant de développer sa stratégie préétablie et en imposant la sienne.

Tout doit être fait pour écraser son rival, ne pas le laisser s’exprimer, j’ai même envie de dire exister ! Cette interprétation revient à entretenir puis à cultiver ce que les moines bouddhistes, Mathieu Ricard en tête, nomment des toxines mentales : égoïsme, arrogance, jalousie, haine.

En premier lieu, sortir de sa zone de confort. Travailler dans son dojo sous le regard bienveillant du Sensei en prenant son temps afin d’exécuter kihon et kata est une chose, se mettre à nu devant des juges et un public en est une autre. On ajoute une difficulté causée par l’adrénaline ou par l’angoisse qu’il faut gérer et canaliser. Cette situation inconfortable peut être mise en parallèle avec des épisodes stressants que tout un chacun peut rencontrer dans sa vie quotidienne. A ce moment, la compétition peut être vue comme un apprivoisement de ces tensions internes, un moyen de trouver à la fois dans le Iaïdo mais aussi dans la vie de tous les jours, une plus grande stabilité émotionnelle.

Deuxième raison, la compétition vous donne aussi, non pas un but mais une échéance. Vous devez vous préparer pour cette date, ce jour, ce rendez vous. Là encore, dans la vie quotidienne, il est prouvé que se donner une échéance est une source de progression car au quantième indiqué vous devez être près et avoir fourni les efforts nécessaires. Peu importe le résultat. Le plus important ici est d’avoir travaillé sérieusement et de prendre conscience des points à retravailler afin de pouvoir encore franchir les paliers qui nous séparent de l’impossible perfection.

Troisième raison, le fait que nous suivons une discipline martiale et que nous ne devons pas l’oublier ! Tout comme en combat sportif il est trop tard pour travailler des points technique ou la condition physique, le combat de Iaïdo obéit aux mêmes lois, au même code. Il ne faut plus étudier, corriger, améliorer mais mettre en pratique ce que l’on a appris dans le cadre du cours. A-t-on déjà vu un boxeur apprendre de nouveaux enchaînements pendant un championnat du monde ? A-t- on déjà vu un pratiquant de combat libre spécialiste du sol chercher à placer un kakato geri à son adversaire une fois dans la cage? Non mes amis ! Il faut retransmettre à ce moment ce que l’on a appris, afin de voir si nous l’avons compris, analyser, synthétiser en bref si nous nous le sommes approprié.

Enfin, la dernière raison avant que l’ennui ne vous lasse et la morale n’intervienne…se retrouver pour partager une journée ou un week-end ensemble entre pratiquants, retrouver vos partenaires de club, ceux que vous avez rencontré dans des stages, et cultiver amitiés et passion du Iaïdo. Plus que la journée de ceux qui auront la chance de monter sur le podium (qui d’ailleurs n’existe pas!) cette journée sera celle de notre art et de tout les pratiquants, un instant le plus souvent fugace, fixé sur papier glacé afin de nous remercier, nous les compétiteurs, mais aussi de remercier nos professeurs et tout ceux qui, avant eux, ont transmis et permis ce moment de communion et de rassemblement d’hommes et de femmes qui ne se seraient probablement jamais rencontrés sans cette envie commune.

Les stages :

Différents stages régionaux sont organisés durant la saison et encadrés en général par notre Directeur Technique de Seine-et-Marne Daniel Vaissade 5e Dan. Retrouvez les articles des différents stages régionaux de Iaïdo de la saison 2015-2016 :

Stage Iaidō à Coulommiers, stage régional Iaidō de Fontainebleau.

Les stages de Iaidō nationaux sont dirigés par des Senseï japonais et européens de 7e à 8e Dan. Le niveau est tout de même plus élevé et il faut connaitre la plupart des kata pour pouvoir en profiter pleinement. Ils se déroulent sur un week end. Retrouvez l’article du stage national de Iaïdo à Versailles en 2016.

D’autres stages privés sont organisés un peu partout en France et sont encadrés par des Senseis 6e et 7e Dan.
Vous retrouverez tous ces stages sur www.iaido-stages.fr

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